Mère et lesbienne

Ce n'est pas forcément très clair (pour l'instant), mais notre famille (en plus d'être magnifique), est homoparentale.
Deux mamans, une enfant.
Rien de bien méchant.

Nous sommes clairement favorisées, nous avons de la chance, tout se passe bien, même très bien autour de nous mais parfois nous entendons, nous voyons que, quand même, tout cela n'est pas tout à fait normal.

Et Orlando.
Orlando qui me rappelle que je suis lesbienne. Pour beaucoup je suis lesbienne avant d'être femme, avant d'être mère, avant d'avoir un humour hasardeux, avant d'aimer le sport, la lecture, le théâtre. Je suis lesbienne avant d'avoir fait du bénévolat pendant plus de 15 ans si j'additionne tous mes engagements et avant d'être aimée par mes proches. Je suis lesbienne avant d'être croyante, avant d'avoir des convictions, des envies, des rêves.

J'aurai pu être dans ce bar.
J'aurai pu mourir ce soir-là.

Ma "communauté" puisque c'est ainsi qu'on l'appelle, a été directement frappée. En plein coeur. Là où ça bat. Là où ça vit. Là où ça aime, où ça danse.
On n'arrêtera pas. Je n'arrêterai pas.

Ma fille. Mère "sociale" je suis et reste (vous savez, pas "la vraie". Pas celle qui a porté, celle qui a accouché mais celle qui était à côté, présente à chaque instant et qui est mère au plus profond de ses tripes) mais chaque jour je serai là. Pour te dire que ce monde est beau. Pour te dire que les gens sont bons. Pour te dire qu'il est important d'être tolérant, sans a priori, sans crainte et avoir confiance en l'homme.

Mais c'est chaque jour plus dur.

Je n'ai pas peur pour moi. J'ai peur pour toi. Peur de ce que tu vas entendre, de ce que tu vas voir et de ce que tu vas vivre, comprendre.

Mais je serai là. Lesbienne donc. Et fière.

On n'arrêtera pas les gays de danser.

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